Femmes dans la cybersécurité : 22 % des effectifs
Sommaire
- 1. D’où vient ce chiffre ?
- 2. Et en France ?
- 3. Pourquoi si peu de femmes dans la cyber ?
- 4. Pourquoi la cyber a besoin de tous les profils
- 4.1. Un secteur qui manque de bras
- 4.2. Des systèmes utilisés par tout le monde
- 5. Des métiers variés, ouverts à toutes et à tous
- 6. Comment se lancer dans la cybersécurité ?
- 7. CSB.SCHOOL engagée pour la mixité
- 8. Questions fréquentes sur les femmes dans la cybersécurité
- 8.1. Quelle est la part des femmes dans la cybersécurité ?
- 8.2. Faut-il être très forte en informatique pour travailler dans la cyber ?
- 8.3. Peut-on se reconvertir dans la cybersécurité ?
- 9. L’essentiel à retenir
- 10. Pour aller plus loin
22 % : la cybersécurité se conjugue encore trop peu au féminin
Un peu plus d’une professionnelle sur cinq. Selon l’ISC2, la principale association mondiale de professionnels de la cybersécurité, les femmes ne représentent que 22 % des effectifs des équipes de cybersécurité dans le monde. En France, la proportion est encore plus faible. Pourtant, la cyber protège des systèmes utilisés par tout le monde, et elle manque de bras. D’où vient ce chiffre, pourquoi si peu de femmes, et comment changer la donne ?
D’où vient ce chiffre ?
Le chiffre de 22 % est issu de la série d’analyses « Women in Cybersecurity » publiée par l’ISC2 en mars 2025. Elle s’appuie sur sa grande enquête annuelle, la Cybersecurity Workforce Study, menée avec le cabinet Forrester auprès de 15 852 professionnels de la cybersécurité dans le monde. En moyenne, les répondants indiquent que leurs équipes de sécurité comptent 22 % de femmes.
Derrière cette moyenne, les écarts sont nets :
- 16 % des répondants travaillent dans une équipe sans aucune femme ;
- 21 % dans une équipe qui compte au plus 10 % de femmes ;
- seuls 5 % font partie d’une équipe paritaire.
Ce n’est pas la particularité d’un pays. Des données LinkedIn citées par l’ISC2 situent la part des femmes dans la cybersécurité entre 14,6 % en Allemagne et 26,7 % en Italie, avec 18,3 % aux États-Unis et 17,9 % au Royaume-Uni. Le Global Cybersecurity Forum arrive, lui, à 24 %. Les méthodes de mesure diffèrent, mais le constat est le même : nulle part les femmes ne dépassent un quart des effectifs.
Et en France ?
La France fait moins bien que la moyenne mondiale. Selon l’Observatoire des métiers de la cybersécurité de l’ANSSI (enquête 2025), les femmes représentent 15 % des professionnels de la cybersécurité, contre 11 % lors de l’enquête de 2021. La progression est réelle, mais lente : à ce rythme, la parité reste un horizon lointain.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Part des femmes dans les équipes de cybersécurité, dans le monde | 22 % | ISC2, 2025 |
| Équipes de cybersécurité sans aucune femme | 16 % | ISC2, 2025 |
| Équipes de cybersécurité paritaires | 5 % | ISC2, 2025 |
| Part des femmes parmi les professionnels de la cybersécurité, en France | 15 % (11 % en 2021) | ANSSI, Observatoire des métiers 2025 |

Pourquoi si peu de femmes dans la cyber ?
Ce n’est pas une question de compétences. Les freins se situent bien plus tôt, et ailleurs :
- les stéréotypes : l’image du hacker solitaire en sweat à capuche, devant un écran noir, ne donne pas envie à tout le monde, et elle ne correspond pas à la réalité du métier ;
- l’orientation : les filières informatiques, d’où viennent beaucoup de professionnels de la cyber, restent elles-mêmes peu féminisées ;
- le manque de modèles : on se projette plus facilement dans un métier quand on y voit des personnes qui nous ressemblent. Des femmes ont pourtant joué un rôle clé dans l’histoire du domaine (voir notre article sur les pionnières de la cybersécurité) ;
- une vision trop étroite du métier : la cybersécurité est souvent réduite au code et au piratage, alors qu’elle fait aussi appel à l’analyse, au droit, à la communication et à la gestion de crise.
Une fois en poste, les femmes ne s’y sentent pas moins bien que les hommes : selon l’ISC2, 67 % des femmes interrogées se disent satisfaites de leur emploi en cybersécurité, contre 66 % des hommes.
Pourquoi la cyber a besoin de tous les profils
Un secteur qui manque de bras
Selon l’ISC2, il manquerait environ 4,8 millions de professionnels dans le monde pour couvrir les besoins des organisations en cybersécurité. En France, le nombre d’offres d’emploi du secteur a progressé de 49 % en cinq ans, selon l’Observatoire des métiers de l’ANSSI repris par France Travail. Se priver d’une grande partie de la population, c’est se priver d’autant de talents.
Des systèmes utilisés par tout le monde
Messageries, applications bancaires, dossiers médicaux, services publics en ligne : les outils que la cybersécurité protège sont utilisés par toute la population. Des équipes aux profils variés repèrent plus facilement des usages, des risques et des angles morts différents. C’est particulièrement vrai face aux attaques qui visent l’humain : 60 % des violations de données impliquent l’élément humain, et comprendre les comportements compte alors autant que maîtriser la technique.
Des métiers variés, ouverts à toutes et à tous
Analyse, enquête, gestion de crise, conformité : la cybersécurité regroupe des dizaines de métiers, qui ne demandent pas tous le même profil. Quelques exemples :
| Famille | Ce qu’on y fait | Exemples de métiers |
|---|---|---|
| Analyse | Surveiller les systèmes, repérer les signaux suspects, comprendre les menaces | Analyste SOC, analyste de la menace |
| Enquête | Reconstituer une attaque, disséquer un logiciel malveillant, remonter jusqu’à l’attaquant | Analyste réponse aux incidents, malware analyst |
| Gestion de crise | Coordonner la réponse quand une attaque paralyse l’organisation, décider vite, communiquer | Gestionnaire de crise cyber, responsable du CSIRT |
| Conformité | Évaluer les risques, appliquer les normes et la réglementation (RGPD, NIS 2…) | Responsable GRC, délégué à la protection des données, juriste |

Les qualités recherchées sont souvent les mêmes : curiosité, rigueur, sens de l’analyse, goût du travail en équipe et sang-froid. Aucune n’a de genre. Missions, salaires, formations : retrouvez plus de 40 fiches détaillées dans notre guide des métiers de la cybersécurité.
Comment se lancer dans la cybersécurité ?
Bonne nouvelle : le Bac+5 n’est pas un passage obligé. Selon l’Observatoire des métiers de l’ANSSI, près de 60 % des offres d’emploi en cybersécurité ne ciblent pas exclusivement des profils Bac+5. Plusieurs portes d’entrée existent :
- après un Bac+2 : le Bachelor Spécialiste en cybersécurité (Bac+3, titre RNCP42503), en alternance ou en formation initiale ;
- après un Bac+3 : le Bac+5 Responsable cybersécurité (titre RNCP42939), en alternance, pour viser des postes d’expertise et d’encadrement ;
- en reconversion ou en recherche d’emploi : les formations financées par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Technicien sécurité réseau, Chargé de gouvernance, risque et conformité et Analyste SOC.
L’alternance permet en plus d’acquérir une première expérience professionnelle, avec une formation financée par l’entreprise.
CSB.SCHOOL engagée pour la mixité
Donner envie aux femmes de rejoindre la cybersécurité fait partie de nos actions. Nous avons participé à la Quinzaine de l’Emploi au Féminin à Lyon pour présenter les métiers de la cyber, consacré une conférence CSB Talks à la diversité en cybersécurité, et notre Fondation Cyber Pour Tous agit pour ouvrir le secteur à tous les publics.
Questions fréquentes sur les femmes dans la cybersécurité
Quelle est la part des femmes dans la cybersécurité ?
Dans le monde, les femmes représentent 22 % des effectifs des équipes de cybersécurité, selon l’ISC2 (2025). En France, elles sont 15 % des professionnels du secteur, selon l’Observatoire des métiers de l’ANSSI (2025).
Faut-il être très forte en informatique pour travailler dans la cyber ?
Une base technique est utile, et elle s’acquiert en formation. Mais de nombreux métiers, comme la gouvernance, la conformité, l’audit ou la gestion de crise, reposent autant sur l’analyse, la rédaction et la communication que sur la technique.
Peut-on se reconvertir dans la cybersécurité ?
Oui. Des formations certifiantes, souvent financées pour les demandeurs d’emploi, préparent à des postes comme technicien sécurité réseau, analyste SOC ou chargé de gouvernance, risque et conformité.
L’essentiel à retenir
22 % : c’est la part des femmes dans les équipes de cybersécurité dans le monde (ISC2, 2025). En France, elles sont 15 % (ANSSI, 2025).
Ce faible chiffre s’explique par les stéréotypes, l’orientation et le manque de modèles, pas par un manque de compétences.
Analyse, enquête, gestion de crise, conformité : les métiers de la cyber sont variés, recrutent, et sont ouverts à toutes et à tous.
Pour aller plus loin
Envie de rejoindre la cybersécurité ? Notre école de cybersécurité lyonnaise, la CSB.SCHOOL, prépare aux métiers de la cybersécurité avec un Bachelor et un Bac+5 Responsable cybersécurité en alternance, labellisés SecNumEdu par l’ANSSI. Candidatures ouvertes pour octobre 2027.
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