Le marché de la cybersécurité en 2026 : chiffres, tendances et opportunités
Sommaire
- 1. Qu’est-ce que le marché de la cybersécurité ?
- 2. Le marché mondial de la cybersécurité en 2026 : les chiffres clés
- 2.1. Plus de 300 milliards de dollars selon IDC
- 2.2. Près de 250 milliards de dollars selon Gartner
- 3. Le marché français : une filière solide, portée par les services
- 4. Les segments qui tirent la croissance
- 4.1. Le cloud et la gestion des identités
- 4.2. L’intelligence artificielle, des deux côtés
- 4.3. Les services managés et les SOC
- 4.4. La sécurité des produits et des objets connectés
- 5. La réglementation, moteur majeur du marché
- 6. Le principal frein : la pénurie de compétences
- 7. Quelles opportunités de carrière en 2026 ?
- 7.1. Se former pour saisir ces opportunités
- 8. FAQ : le marché de la cybersécurité en 2026
- 8.1. Quelle est la taille du marché mondial de la cybersécurité en 2026 ?
- 8.2. Combien pèse la cybersécurité en France ?
- 8.3. Quels segments du marché progressent le plus vite ?
- 8.4. En quoi NIS 2, DORA et le CRA font-ils croître le marché ?
- 8.5. Le secteur recrute-t-il vraiment ?
- 9. Pour aller plus loin
Le marché de la cybersécurité est l’un des rares segments du numérique qui progresse à deux chiffres année après année. Fin 2026, la hausse des cyberattaques, l’essor de l’intelligence artificielle et une vague réglementaire européenne sans précédent (NIS 2, DORA, Cyber Resilience Act) poussent entreprises et administrations à investir davantage. Cet article fait le point sur la taille du marché mondial et français, les segments qui tirent la croissance, le rôle de la réglementation, la pénurie de compétences et les opportunités de carrière qui en découlent.
Qu’est-ce que le marché de la cybersécurité ?
Le marché de la cybersécurité regroupe l’ensemble des produits, logiciels et services destinés à protéger les systèmes d’information, les données et les infrastructures contre les attaques. On y distingue généralement trois grandes familles :
- les logiciels de sécurité : gestion des identités et des accès (IAM), protection des postes de travail (EDR/XDR), sécurité du cloud, analyse des événements de sécurité (SIEM), protection des données ;
- les équipements : pare-feux, sondes, boîtiers de chiffrement ;
- les services : audit, conseil, tests d’intrusion, intégration, services managés et centres opérationnels de sécurité (SOC), réponse à incident, formation.
Sa croissance s’explique par une menace qui ne faiblit pas (rançongiciels, vol d’identifiants, espionnage, attaques sur la chaîne d’approvisionnement), par la numérisation de tous les secteurs et par des obligations légales de plus en plus précises. Pour un panorama des menaces elles-mêmes, consultez notre article sur les principaux risques de la cybersécurité et notre dossier sur la cybercriminalité.
Le marché mondial de la cybersécurité en 2026 : les chiffres clés
Plus de 300 milliards de dollars selon IDC
D’après le Worldwide Security Spending Guide d’IDC publié en mars 2026, les dépenses mondiales de sécurité devraient atteindre 308 milliards de dollars en 2026, en hausse de 11,8 % sur un an, et 430 milliards de dollars d’ici 2029 (source : IDC, Worldwide Security Spending Guide, mars 2026). Les États-Unis restent le premier marché (150 milliards de dollars), devant l’Europe de l’Ouest (69 milliards de dollars), où la croissance est explicitement liée au renforcement des exigences réglementaires.
Les logiciels représentent plus de la moitié des dépenses et constituent la catégorie la plus dynamique (+14 % en 2026). À eux seuls, la gestion des identités et des accès, la sécurité des terminaux et l’analytique de sécurité pèsent plus de 50 % des dépenses logicielles. Côté secteurs, la banque, l’administration centrale, les marchés financiers, les télécoms et la santé concentrent plus d’un tiers du total.
Près de 250 milliards de dollars selon Gartner
Gartner, qui utilise un périmètre plus restreint (dépenses des utilisateurs finaux en sécurité de l’information), a relevé à plusieurs reprises sa prévision au fil de l’année : dans sa mise à jour de mi-2026, il anticipe environ 248 milliards de dollars de dépenses en 2026 (+12,7 % à taux de change constant), contre près de 218 milliards en 2025, et environ 372 milliards de dollars en 2030. La sécurisation de l’IA y apparaît comme le seul segment dont la croissance accélère jusqu’en 2030 (source : prévisions Gartner Information Security 2Q26, analysées par Software Strategies Blog).
Les écarts entre cabinets tiennent aux périmètres retenus, mais le message est le même : un marché qui croît de 11 à 13 % par an, soit nettement plus vite que l’ensemble des dépenses informatiques.
Le marché français : une filière solide, portée par les services
En France, les chiffres varient selon la définition retenue. La Direction générale des entreprises (DGE) évaluait la filière cybersécurité à 10,45 milliards d’euros de chiffre d’affaires et environ 50 000 emplois en 2023. L’Observatoire 2025 de l’Alliance pour la Confiance Numérique (ACN), sur un périmètre plus large de la « confiance numérique », estime le secteur à 21,3 milliards d’euros et 107 000 emplois en 2024, avec une croissance moyenne de 7 % par an depuis 2018 ; la cybersécurité représente 53 % de ce chiffre d’affaires (source : SKEMA Publika, « French cybersecurity : supply growing faster than demand », juin 2026, d’après l’Observatoire ACN 2025 et la DGE).
La filière française reste avant tout une économie de services. Selon l’ACN, les services de cybersécurité pèsent environ 5 milliards d’euros, 29 271 emplois et 717 entreprises en 2024 : 2,19 milliards pour l’audit, le conseil et la planification, 1,61 milliard pour l’intégration et 1,12 milliard pour les services managés et l’exploitation de la sécurité. Les éditeurs et fabricants de produits emploient de leur côté plus de 24 000 personnes.
L’État soutient cette dynamique depuis la stratégie nationale d’accélération pour la cybersécurité lancée en 2021 : un plan d’environ 1 milliard d’euros (dont 720 millions de fonds publics, en partie financés par France 2030), qui visait à faire passer le chiffre d’affaires de la filière de 7,3 à 25 milliards d’euros et ses effectifs de 37 000 à 75 000 emplois à l’horizon 2025, avec le Campus Cyber comme vitrine (source : Gouvernement, plan cybersécurité à 1 milliard d’euros). Ces objectifs n’ont pas été atteints au sens strict, mais la filière a nettement grossi. Point de vigilance relevé par SKEMA : l’offre (notamment les start-up, souvent de très petite taille) progresse plus vite que la capacité des clients à absorber de nouvelles solutions, ce qui favorise la consolidation et les acteurs de services.
Les segments qui tirent la croissance
Le cloud et la gestion des identités
La migration des applications vers le cloud déplace le périmètre de sécurité vers les identités : qui accède à quoi, depuis où, avec quel niveau de confiance. C’est le cœur des approches « Zero Trust ». Sans surprise, l’IAM figure parmi les postes de dépenses les plus importants identifiés par IDC, et la sécurité du cloud est la deuxième compétence la plus recherchée par les équipes (36 % des répondants, source : ISC2, Cybersecurity Workforce Study 2025).
L’intelligence artificielle, des deux côtés
L’IA est à la fois un outil de défense (détection d’anomalies, tri automatisé des alertes, assistance aux analystes) et une nouvelle surface d’attaque : modèles, agents et données d’entraînement doivent eux aussi être protégés. IDC note que la croissance 2026 est portée par les plateformes de sécurité unifiées s’appuyant sur l’IA, et Gartner fait de la sécurisation de l’IA son segment le plus dynamique à l’horizon 2030. Pour aller plus loin sur ces évolutions, lisez notre article consacré aux tendances cybersécurité 2026.
Les services managés et les SOC
Faute de pouvoir recruter assez d’experts, beaucoup d’organisations (en particulier les PME et les collectivités) externalisent la surveillance de leur système d’information auprès de SOC et de prestataires de services managés (MSSP, MDR). En France, ce segment pèse déjà plus d’un milliard d’euros selon l’ACN, et les obligations de détection et de notification d’incidents prévues par NIS 2 et DORA renforcent encore la demande.
La sécurité des produits et des objets connectés
Avec le Cyber Resilience Act, la sécurité devient une condition d’accès au marché européen pour tous les produits comportant des éléments numériques (logiciels, objets connectés, équipements industriels). Les fabricants ont besoin de compétences en sécurité dès la conception, en gestion des vulnérabilités et en réponse aux incidents.
La réglementation, moteur majeur du marché
En Europe, la conformité est devenue l’un des premiers déclencheurs d’investissement. Trois textes structurent le paysage :
- NIS 2 étend les obligations de cybersécurité à des milliers d’entités dites « essentielles » et « importantes » dans 18 secteurs (énergie, santé, transport, collectivités, industrie, services numériques…). Les États membres devaient la transposer avant le 17 octobre 2024. En France, le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité a été adopté par le Sénat en mars 2025, mais son examen à l’Assemblée nationale a de nouveau été reporté début octobre 2026, sans nouvelle date (source : Leto, 6 octobre 2026). Beaucoup d’organisations n’attendent pas le texte pour se mettre à niveau.
- DORA, le règlement européen sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier, s’applique depuis le 17 janvier 2025 : gestion des risques liés aux technologies de l’information, notification des incidents majeurs, tests de résilience, encadrement des prestataires informatiques critiques (source : règlement (UE) 2022/2554, EUR-Lex).
- Le Cyber Resilience Act (CRA) impose depuis le 11 septembre 2026 aux fabricants de signaler les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves affectant leurs produits, y compris ceux déjà mis sur le marché ; l’ensemble des exigences (sécurité dès la conception, marquage CE) s’appliquera le 11 décembre 2027 (source : CMS, septembre 2026).
Ces textes créent une demande durable en audit, gouvernance des risques, conformité, analyse de risques (méthode EBIOS RM), systèmes de management de la sécurité (ISO 27001) et gestion de crise. Pour comprendre leur contenu en détail, consultez notre article que dit la loi sur la cybersécurité (NIS 2, CRA, DORA).
Le principal frein : la pénurie de compétences
Le marché ne manque ni de budgets ni de solutions : il manque de professionnels qualifiés. L’étude 2025 d’ISC2, menée auprès d’un nombre record de 16 029 professionnels, montre que la question n’est plus seulement le nombre de postes à pourvoir mais les compétences disponibles. 95 % des répondants signalent au moins un manque de compétences dans leur équipe et 59 % des manques critiques ou importants ; 88 % ont déjà subi au moins une conséquence sérieuse liée à ce déficit. L’IA (41 %) et la sécurité du cloud (36 %) sont les compétences les plus recherchées (source : ISC2, Cybersecurity Workforce Study 2025).
En France, l’Observatoire des métiers de l’ANSSI, réalisé avec la DGEFP et l’Afpa, a analysé plus de 23 000 offres d’emploi publiées entre juin 2023 et juin 2024. Il relève une hausse de 49 % du nombre d’offres entre 2019 et 2024, une large majorité de CDI et un niveau de qualification élevé, puisque 40 % des offres demandent un Bac+5. Malgré la multiplication des formations, les employeurs continuent d’avoir du mal à recruter (source : ANSSI, Observatoire des métiers 2025). Le même observatoire souligne que l’écosystème reste très masculin (85 % d’hommes parmi les répondants), un enjeu de diversité autant que de recrutement.
Quelles opportunités de carrière en 2026 ?
Pour les jeunes et les personnes en reconversion, cette tension se traduit par des débouchés nombreux et variés. Les profils les plus demandés correspondent directement aux segments en croissance :
- Analyste SOC et analyste de la menace : surveillance, détection et qualification des incidents, en lien avec l’essor des services managés ;
- Pentesteur et auditeur technique : tests d’intrusion, revues de configuration, évaluation de la sécurité des produits soumis au CRA ;
- Consultant GRC (gouvernance, risques, conformité) : mise en conformité NIS 2 et DORA, analyses de risques EBIOS RM, démarches ISO 27001 ;
- Ingénieur sécurité cloud et identités : architecture Zero Trust, IAM, sécurisation des environnements cloud ;
- RSSI : pilotage de la stratégie de sécurité, de la gestion de crise et du dialogue avec la direction générale.
Pour découvrir ces fonctions en détail, parcourez notre guide des métiers de la cybersécurité et notre analyse des salaires en cybersécurité en 2026.
Se former pour saisir ces opportunités
Les recruteurs attendent des compétences opérationnelles immédiatement utilisables. C’est pourquoi l’alternance est particulièrement adaptée à ce secteur : l’étudiant acquiert une expérience concrète en entreprise tout en préparant un diplôme reconnu, et les frais de formation sont pris en charge par l’OPCO de l’entreprise. À la CSB.SCHOOL, école de cybersécurité à Lyon installée à Charbonnières-les-Bains, deux programmes 100 % cybersécurité, à 80 % pratiques, répondent à ces besoins :
- le Bachelor Spécialiste en cybersécurité (Bac+3, RNCP42503, admission à Bac+2), en alternance (2 semaines à l’école, 4 en entreprise) ou en formation initiale, avec la préparation de la certification CEH ;
- le Bac+5 Responsable cybersécurité (RNCP38463), en alternance (2 semaines à l’école, 5 en entreprise), qui prépare notamment aux certifications EBIOS RM, ISO 27001 et CISSP.
L’école est labellisée SecNumEdu par l’ANSSI, certifiée Qualiopi et labellisée Campus Région du numérique. La prochaine rentrée a lieu en octobre 2027 ; découvrez le fonctionnement de la formation cybersécurité en alternance.
FAQ : le marché de la cybersécurité en 2026
Quelle est la taille du marché mondial de la cybersécurité en 2026 ?
Selon IDC, les dépenses mondiales de sécurité atteignent environ 308 milliards de dollars en 2026 (+11,8 %) et devraient dépasser 430 milliards en 2029. Gartner, sur un périmètre plus restreint, estime les dépenses en sécurité de l’information à près de 250 milliards de dollars en 2026.
Combien pèse la cybersécurité en France ?
La DGE évaluait la filière à environ 10,5 milliards d’euros et 50 000 emplois en 2023. Sur un périmètre élargi à la confiance numérique, l’Observatoire 2025 de l’ACN compte 21,3 milliards d’euros et 107 000 emplois en 2024, dont environ 5 milliards d’euros pour les seuls services de cybersécurité.
Quels segments du marché progressent le plus vite ?
Les logiciels de sécurité (+14 % en 2026 selon IDC), en particulier la gestion des identités, la protection des terminaux et l’analytique de sécurité, ainsi que la sécurisation de l’IA, le cloud et les services managés de type SOC.
En quoi NIS 2, DORA et le CRA font-ils croître le marché ?
Ces textes obligent des milliers d’organisations et de fabricants à évaluer leurs risques, à détecter et notifier les incidents et à sécuriser leurs produits et leurs prestataires. Cela crée une demande durable en audit, conformité, SOC et gestion des vulnérabilités, donc en profils qualifiés.
Le secteur recrute-t-il vraiment ?
Oui. L’ANSSI a recensé plus de 23 000 offres d’emploi en un an en France, en hausse de 49 % entre 2019 et 2024, et l’étude ISC2 2025 montre que 95 % des équipes manquent d’au moins une compétence clé. Les profils formés en alternance, déjà opérationnels, sont particulièrement recherchés.
Pour aller plus loin
Ces tendances dessinent les métiers de la cybersécurité de demain. Pour s’y préparer, la CSB.SCHOOL, notre école de cybersécurité lyonnaise, forme en alternance du Bac+3 au Bac+5 : les inscriptions 2027 sont ouvertes.
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